Plus encore maintenant que je l'ai vu en vrai, que je connais son visage, ses mimiques, sa voix, sa façon de se déplacer tout comme ce qu'il me raconte, maintenant que je l'entends enfin dire "relation sérieuseé et non plus cet éternel "plan cul", je me rends compte qu'il me plait, d'une façon tout autre que le premier béguin que j'ai pu avoir pour lui avant cette rencontre. 

Et pourtant, dans le même temps, je ressens une tristesse immense, un vide que j'ai peur de ne combler que par de mauvaises choses - comme la nourriture. 

Il dit s'être trompé sur ce qu'il voulait vraiment, sans se rendre compte que je n'ai pas, comme lui, parlé de plan cul à son égard. J'ai toujours attendu un peu plus que ça de lui, et, comme toujours, cette attente n'a pas été réciproque.

On m'avait dit qu'il ne fallait pas attendre des autres, mais prendre ce qu'ils étaient prêt à nous donner, pour ne pas être déçu.

Mais là, je me suis lancée, pour une fois. J'avais cessé de le voir comme un futur compagnon, acceptant de ne l'avoir que pour plan cul puisque c'était tout ce qu'il était prêt à me donner. 

Mais ça a changé.

Il ne parle plus de donner la même chose.

J'ai accepté de n'être pour lui qu'un plan cul, et, au final, même ça, il ne peut me le donner.

Et m'entendre dire qu'il ne sait pas ce qu'il rate ne provoque chez moi que rire amer. 

QUand on se fait jeter, ce genre de phrase ne sert à rien, ça n'aide pas. Au contraire.

Ce qu'il rate ?

Une personne horrible, puisqu'il n'a presque jamais osé poser les yeux sur moi. Mon corps est-il donc si laid qu'il ne puisse me regarder ? Sans la pluie qui est tombée sans discontinuer, je n'aurais même pas eu l'occasion de le toucher.

Suis-je donc si horrible ?

Et maintenant, que vais-je faire ? Où est donc la confiance, l'enthousiasme ?

Sûrement envolé sur ce quai.

 

Moi qui aimais tant les gares.