A quoi est-ce que ça sert, au final ? A quoi est-ce que ça te sert, de manger ainsi. De bouffer plutôt… De manger, encore et encore. Pourquoi donc ? Pourquoi manger tant ? Où est le plaisir là-dedans ? Et tout en mangeant, tu te demandes si ça t’a déjà donné du plaisir, en fait, de manger. Ressens-tu vraiment du plaisir, y a-t-il vraiment du plaisir à prendre là-dedans ?

Parfois, tu manges tellement vite que tu ne sens pas vraiment le goût des aliments.

Parfois, tu manges tellement que tu ne te sens même pas bien.

Le pire, c’est que tu sais que ça ne sert à rien. Que ça ne comble pas le vide qui est en toi. Au contraire, semble-t-il. Au contraire, puisque, plus tu manges, plus le vide en toi grandit. Il grandit, il ne fait que ça. Comme si rien ne pouvait le combler.

Et surtout pas la nourriture.

Cette maudite nourriture, qui te fait mal. Qui ne sert à rien, et dont tu ne sais pas te défaire. Tu aimerais savoir maitriser ça, maitriser ces envies qui te prennent.

Et parfois, tu y arrives. Parfois, tu manges ce qu’il faut pour ton corps, tu ne fais pas d’écart, tu ne te sers pas une nouvelle fois, tu mets dans ton assiette ce qu’il te faut et pas plus. Parce que tu sais manger correctement. Tu sais manger des légumes, tu aimes même ça. Parfois, tu sais t’arrêter quand tu n’as plus faim.

Mais, à d’autres moments, tu n’y arrives tout simplement pas. C’est plus facile de ne pas s’arrêter. De manger, encore et encore. De porter la fourchette à ta bouche, d’un geste presque mécanique.

Un geste qui ne veut plus rien dire.

Qui te bouffe. Comme c’est étrange d’ailleurs. Tu bouffes tant et plus, et cela te bouffe tout autant. Tu te sens vide, ça oui. Et lasse.

Triste aussi.

Triste, de te rendre compte que, parfois, l’amour ne suffit pas. Que tu es faible aussi, et que la moindre contrariété te rend ainsi. Faible. Faible.

Faible.

Toi qui voudrais tant être forte. Toi qui voudrais tant arriver à être mal autrement qu’en mangeant…