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Il fallait dire stop. Trouver un moyen de s'alléger de tout ça. Ne plus prendre ces choses trop à coeur, ainsi que je le faisais toujours. Parce que ça devenait trop dur au fil du temps. Et qu'il fallait se rendre à l'évidence, si les choses avaient dû changer, ne l'auraient-elles pas déjà fait ?

 

Dès que mon frère et sa compagne apparaissent, je deviens une tapisserie. Un guéridon. Un quelque chose sans trop d'importance, qui est là depuis suffisamment longtemps pour que l'on se permette de l'oublier.

D'où vient cette habitude de demander de temps à autre des nouvelles d'une personne, et de l'ignorer lorsqu'elle se trouve face à nous ? Je ne comprends pas les choses de ce genre. Comment peut-on se dire de la même famille qu'une personne et tout bonnement l'ignorer ? Cette façon d'agir m'indigne. Je n'arrive pas à l'accepter. D'autant plus qu'ils prennent tout de même la peine de m'inviter chez eux. Cependant, dans ces cas-là, je n'arrête pas de penser qu'ils agissent ainsi car c'est ce qu'il faut faire. Pour maintenir les apparences d'une belle famille unie.

Mais tout ça, c'est du vent. Nous sommes juste des hypocrites aux sourires de façade.

Un jour, mon frère expliquait que le frère de sa compagne ne lui donnait plus de nouvelles ; qu'il était pourtant facile de téléphoner. Que c'était comme ça que ça se passait entre eux, comme ça que ça devait être entre un frère et une soeur. Je l'avais alors fixé, pensant aux différents messages que j'avais pris sur moi de lui envoyer, et qui restaient sans réponse. A son indifférence quand il me voyait.

Il a du sentir mon regard car il s'est tourné vers moi et a dit "bon, toi et moi, s'est pas pareil.". Ah bon ? Ne sommes nous pas frère et sœur ? J'aurais dû lui demander ce qu'il entendait par là, mais j'étais trop estomaquée.

A chaque fois que je retourne chez mes parents, je me dis que je n'espérerai plus avoir une famille qui m'accorder une place réelle et pas une place par intermittence. Une famille qui s'intéresse à ce que je fais, même si "il faut nous pardonner, ça fait longtemps qu'on a pas fait d'étude, le monde du travail ce n'est pas la même chose, on se rend pas compte", dixit mon père.

Mais c'est usant, et ça me détruit, d'espérer ainsi, d'avoir toutes ces attentes que personne ne peut et ne veut combler. Alors, dans cette situation, je me demande si on a tant que ça besoin d'une famille.

Si j'ai tant que ça besoin de cette famille.

Le plus étrange là-dedans, c'est que, lors des "repas de famille", les personnes qui font le plus attention à moi sont celles auxquelles on s'attendrait le moins : les parents de la compagne de mon frère. Ma mère l'a remarqué, il y a quelques jours, et m'a dit, l'air de rien, "tu t'entends bien avec MC". Pour une fois, j'ai osé ne pas faire comme si tout était normal et je lui ai répondu que oui, que c'était la seule personne à faire attention à moi dans ce genre de situation.

Ma mère s'est contentée de regarder ailleurs.