2014-03-26 11

J’avais un peu le vague à l’âme. L’esprit mélancolique. Un peu ailleurs. Je marchais dans les rues, soupirant discrètement sans trop savoir pourquoi. Un trop plein de quelque chose qui montait. Et puis, tout au bout de la rue, j’ai vu la cathédrale Saint Pierre et Saint Paul.


Pour une fois, je ne suis pas passée au loin, la regardant du coin de l’œil. Non, pour une fois, je suis allée plus près. J’ai regardé tout le décor de cette église, toutes les sculptures. Et puis j’ai vu trois femmes s’approcher des grandes portes, en ouvrir une petite cachée dans la grande, et se faufiler à l’intérieur de l’église.
Je les ai regardé disparaitre, avant d’avancer sans réfléchir à mon tour. Avancer vers ses portes, les ouvrir à mon tour, et y entrer finalement.

 

2014-03-26 11


Une fois entrée, j’ai été surprise par les lieux. J’ai tout de suite levé les yeux pour constater la grandeur de l’église. La blancheur de ses pierres. L’incroyable conception de son architecture. J’aime beaucoup les églises, je trouve que se sont de beaux endroits.


Je ne suis pas croyante pour autant. Enfin, pas de la même manière que ceux qui viennent dans les églises pour prier. Je ne crois pas en un Dieu tel qu’ils en parlent. J’imagine qu’il y a quelque chose de plus grand que nous oui, mais c’est tout. Je ne ressens pas non plus le besoin de croire en quelque chose comme ça.
J’ai été baptisée, et j’ai fait ma communion, mais rien de plus, et je ne me sens pas membre de la communauté qui m’a baptisée. J’aimais bien au début les cours de catéchisme, jusqu’à ce que je comprenne que les histoires qu’on nous racontait n’était pas que des histoires, qu’il y avait plus derrière, que des gens s’étaient appropriés toutes ces choses, et en avaient fait quelque chose de plus grand.


Jusqu’à ce que je découvre autre chose aussi : les contes. Avec les lutins, les sorcières, les chiens aux yeux grands comme des assiettes, la petite fille aux allumettes… Et les choses n’avaient rien de comparables entre un homme qui se fait crucifier et des lutins qui aident les gens à accomplir leur travail.


Je venais d’entrer dans le monde des petits êtres facétieux, pour n’en jamais ressortir. Même encore, je préfère penser que ce monde ci existe, qu’il y a un peu de cette magie sur Terre, plutôt que celle d’un Dieu présenté par les religions monothéistes. Que les choses, les arbres, ont une âme.


Qu’il y a des leprechauns cachés quelque part.


Mais cela ne veut pas dire que je ne respecte pas les autres religions, ou que je ne respecte pas les gens qui croient en ces Dieux.


J’avais un ami, témoin de Jéhovah. Nous parlions quelque fois de religion, toujours à ma demande, car je ne comprenais pas ce qu’étaient les témoins, ni comment on pouvait croire ainsi, et suivre les préceptes de quelques livres écrits par je ne savais qui.


Aujourd’hui, j’ai encore du mal à le comprendre. Parce que je ne ressens pas ce besoin de croire, d’espérer qu’il y a quelqu’un vers qui diriger mes prières. Quelqu’un qui me répondra, quelqu’un qui m’attend après ma mort, des choses comme ça.


Je n’ai pas besoin de croire en ça pour vivre, pour avancer. Je crois en certaines choses pourtant (aux leprechauns par exemple, et à travers un, à un monde un peu plus magique), mais ça n’est pas un besoin.

 

2014-03-26 11


J’aime pourtant aller dans les églises. J’aime l’idée que des lieux de cultes tels que ceux-ci ont été bâtit par des hommes qui avaient ce besoin de croire en plus grand qu’eux. J’aime l’idée qu’au travers d’un cierge, ainsi que ma chère voisine (aujourd’hui âgée de 92 ans) le faisait, nous puissions faire comprendre aux morts que l’on pense à eux, demander à Dieu ou à la Vierge Marie de veiller sur eux, et sur nous aussi.


Et parfois, moi aussi, je prends un cierge et je l’allume. Non pas parce que je crois en Dieu. Mais parce que j’aime l’idée qu’il puisse exister quelque chose d’autre. Parce que je pense toujours à ma chère voisine lorsque je fais cela. A ces mains toutes ridées et pourtant si jolies, dans lesquelles se trouvaient plusieurs cierges. Au bruit de nos pas lorsque nous remontions l’allée de l’église, moi la regardant avec émerveillement car comprenant qu’elle y croyait – et qu’elle y croit si fort a toujours créé en moi un certain respect. Le petit signe qu’elle faisait, devant la Vierge Marie. Je me souviens lui avoir demandé pour quoi elle mettait son cierge à cet endroit-là, mais la réponse m’échappe sans cesse…


Je pense aussi à mon parrain, mort bien trop tôt à mon goût, que je n’ai pu connaitre autant que je le voudrais. Je ne sais pas s’il était croyant pourtant, mais je ne peux m’empêcher de me dire que, lorsque je prends un cierge et que je l’allume, c’est un peu pour lui que je le fais.


Et là, dans cette église…
J’ai pris un cierge. Je ne sais pas trop pourquoi. J’ai lu la petite prière qui était écrite, et ça m’a bouleversé. Je n’étais déjà pas très bien en arrivant ici, et me retrouver un cierge à la main n’a pas arrangé les choses.


J’ai allumé le cierge, l’ai posé. Et j’ai pleuré. Sans faire de bruit, juste laisser les larmes couler. Je ne sais pourquoi j’ai pleuré, ne veux sans doute pas me l’avouer encore. Dans tous les cas…


J’ai pleuré dans une église..