ecosse

 

Chaque matin, quand il se lève, son premier regard est pour le ciel.

Sa première pensée est pour le ciel.

Son premier sourire est pour le ciel. 

Que voit-il donc là-haut qui le pousse à toujours tourner son regard vers les cieux ?

Pourquoi cette immensité-ci, plutôt que celle offerte par les mers et les océans ?

Tend-il les bras vers ce ciel qu’il ne pourra jamais atteindre ?

Qu’il ne pourra jamais toucher, tout capable de voler qu’il est ?

Car il est libre et léger.

Si léger que je ne doute pas qu’il puisse s’envoler vers ce ciel, vers cet infini qu’il devine à travers les carreaux de ses lunettes.

Il semble si peu vouloir s’ancrer sur terre. Toujours je l’imagine le nez au ciel.

Le cœur au ciel.

Tandis que je ne sais pas, ne peux pas voler. Mon corps est une prison dont je ne sais me défaire, et seuls mes yeux peuvent le suivre, si tant est qu’il ne s’envole pas trop haut. Mon corps est comme un roc, lourd et imposant, quand le sien n’est que légèreté.

Et il se tend.

Chaque matin, il se tend, vers ce ciel, vers là-haut.

Encore un endroit où je ne peux aller. Comme s’ils avaient tous envie d’aller où je ne peux les suivre. Il ne se retourne pas. L’attraction terrestre n’est rien pour lui. Moi seule m’écrase.

Pourrais-je apprendre à voler ?

 

 (photo : Lucas Destrem http://ldestrem.unblog.fr/ )