Et puis il s’inquiète. Il n’aime pas trop savoir que je dois aller dans le Cantal pour si peu.

 « -Non mais tu te rends compte un peu la route qu’il te fait faire juste pour des lecteurs dvd ? C’est fou. C’est fou. »

 Il râle pour deux. Peut-être même pour trois. Et à propos de tout. Certains disent qu’il a besoin de râler pour vivre.

 « -Putain de merde ! 

Putain de bordel de merde !

Putain.

Pffff.

On est baisé là.

Et beh putain, alors là.

Fait chier. »

 Un jour, la personne qui répare les imprimantes est venue. Mon collègue lui a un peu parlé, puis il est parti. L’endroit où il répare les imprimantes de notre bureau n’est séparé que par un petit escalier, dont la porte est toujours ouverte. Le réparateur était en bas, nous en haut, lorsque mon collègue s’écria :

 « -C’est un connard de toute façon ce type. »

 Les deux semaines suivantes, il se plaignit que le réparateur ne soit toujours pas repassé…

 « -Au début, quand il est arrivé ici… Il a fait sauter le jus de tout le bâtiment. Deux fois. La première fois, il a débranché la mauvaise prise. La seconde, en trafiquant le tableau, il débranchait, il rebranchait, sans trouver ce qu’il voulait. Sauf que ça a tout fait péter. »

 « -Un jour, il avait un agence à supprimer. Elle avait été fermée et il fallait supprimer les serveurs et tout ça. Il a donc envoyé le code de l’agence à ceux qui sont chargés de les supprimer, via le réseau.

Manque de bol, il s’était trompé de code, il a fait supprimer l’agence de Seilhac. Ils ont mis deux jours avant de tout réparer. »

 Et il rigole tout seul en entendant le réparateur râler en bas pendant qu’il répare les machines, ou quand il fait du bruit. Et puis il vient me voir, explosé de rire, et me dit « et bien, je vais être drôlement performant aujourd’hui », en parlant du réparateur. « Il en fait pas une ! » Et d’exploser encore de rire en entendant le bruit qui provient du bas des escaliers.

 « -Nous sommes libres ! » a-t-il crié en apprenant que le chef était en arrêt maladie.

 

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